II L'industrie du film hollywoodien

a) Les bases de l'industrie actuelle

 

Le cinéma hollywoodien dans sa conception moderne est fondé sur une logique industrielle, qui a permis de lui donner une place dominante dans le monde. Le monopole est donc dû à un système millimétré, dirigé par des majors surpuissantes. Aujourd'hui le cinéma hollywoodien est considéré comme le premier moyen de diffusion de la culture américaine à l'étranger. Cette hégémonie provient donc d'une logique industrielle presque infaillible.

 LE STUDIO SYSTEM

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vue de Hollywood en 1912 

Pour les producteurs new-yorkais la nécessité de trouver une endroit aux conditions idéales, avec un espace assez grand pour tourner plus de films de meilleure qualité était indispensable à l’expansion du 7ème art. Il leur fallait alors séduire un public grandissant.

Un endroit les a particulièrement attiré : Hollywood, au départ petite bourgade paisible, ses conditions propices aux tournages en firent le lieu clef de la production des films dès les premières années du XXème siècle.

Le premier à s'y installer et créer un parc de studio fut Carl Laemmle, immigrant allemand installé à Chicago, qui fonda les Studios Universal.

En effet comme Carl Laemmle de nombreux émigrés inventifs, des entrepreneurs indépendants comme Adolph Zukor, Louis B. Mayer ou Jack Warner firent fortune dans la propriété de salles mais comprirent vite que les produire eux-même serait plus rentable et leur permettrait de maîtriser le marché naissant. Ils concurrencèrent donc la TrustEdison qui possédait le monopole sur les droits de projections.

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 En conséquence c'est grâce au studio system que se créera un véritable monopole, car ces géants contrôlent la production, la distribution et l'exploitation.

 André Bazin critique , nommera ce monopole le « génie du système » qu'il définira comme une sorte de gigantesque  machine à film centralisée en un lieu unique, divisée en départements et organisée autour de contraintes et de concepts .

Ce système industriel, du studio system façonnera donc Hollywood et  dominera pendant plus de vingt ans la production cinématographique. Ce phénomène se définit par le fait que les majors par un système précis contrôlaient tous les aspects de la production, de la réalisation et de la distribution des années 1920 jusqu'aux années 1950. Ce système allait permettre de réaliser des films avec méthode et efficacité. Tout le personnel allait devoir se soumettre aux exigences de production du studio, sans aucune considération des aspirations des uns et des autres.

Plus précisément le studio système réfère à la réalisation , grâce aux emplois à long terme et la production entièrement faite dans les studios . Ce système permettait de contrôler entièrement la distribution, grâce à la possession des salles et au contrôle des distributeurs. Il possédait un « stock » d'employés : réalisateurs, acteurs, figurants que les studios plaçaient sur le projet de leur choix.

De même le studio system contrôlait entièrement les acteurs. Ils étaient placés sous des contrats à long termes aux exigences multiples. L'acteur s’engageait à jouer exclusivement pour une majors durant une période allant de cinq à sept ans, cependant il était possible pour les studios de réévaluer le travail tous les six mois et d'en tirer une conséquence : renvoi ou augmentation de salaire. Les acteurs n'avaient plus de liberté artistique, ni de liberté tout court car leur image, leurs apparitions publiques, leur physique appartenaient aux studios. Ils servaient à offrir au public des visages qu'il reviendrait voir et auquel il s'identifierait. Hollywood d'après Edgar Morin dans Les stars «  rationalise, standardise, trie, élimine les pièces défectueuses, sertit, assemble, façonne, polit, enjolive, starifie en un mot » , ce phénomène s'appelle le star system et sera étudié dans un autre point.

Cependant le nombre d'acteurs reste minime face au nombre d'employés de toute sorte travaillant au sein des studios. Hollywood durant l'âge d'or emploie près de 28000 personnes, les employés tous sous contrats son répartis dans les différents départements des villes que sont les studios. Comme par exemple le développement, la production, la réalisation, le casting, la direction artistique, les costumes, le maquillage, la photographie, la mécanique, la publicité etc.

Grâce à une organisation parfaite et le contrôle total de tous les points qui permettent son fonctionnement Hollywood a su devenir une « usine à rêves ».

Le studio system pris fin lorsqu'en 1948, une loi contre les pratiques de distribution et d'exposition de la cour suprême statua la fin du système.

 

LE STAR SYSTEM

 Le star system désigne l'exploitation économique de la notoriété.3561075-1.jpeg

(C est en 1911 que Carl Leammle aurait « crée » ce système pour contrer la trust Edison qui ne dévoilait aucune information sur ses acteurs pour éviter de les « starifier » et devoir augmenter leur salaire.) 

Ce système dit de « vedettariat » imposait aux acteurs des contrats d'exclusivité pendant une période donnée. Avec une place de pilier économique et esthétique des studios il se basait sur le principe qu'une star se fabriquait.

En effet les producteurs choisissaient un acteur far pour orienter leur promotion, considéré non plus comme un artiste mais un produit de consommation collective comme à l'époque Greta Garbo.

Ce phénomène s'inspire directement du monde du théâtre lorsque la présence d'une vedette comme Sarah Bernhard dans un pièce assurait son succès.

Cependant le star system du cinéma n'est pas un phénomène isolé, car pouvant être relié aux microcosmes, à la fascination pour le  dirigeant dans n'importe quelle monarchie, ou même plus tard à la popularité des joueurs de football.

 

Les futurs acteurs étaient donc choisis sur des critères précis par des « talent scout » soit des chasseurs de tête et soumis à des « sreen test » qui éteint fait pour déterminer leur capacité à se produire dans certains films.

Les acteurs sont alors la propriété des studios, deviennent marionnettes, ils sont façonnés selon la volonté du producteur. Ils sont brisés aussi vite qu'ils entrent dans la lumière. La stratégie commerciale les dépasse et transgresse leur intimité et leur vie. On leur fixe une image bien précise.

 

L'exemple de Greta Garbo est frappant, suédoise sans potentiel apparent est dénichée par Louis B.Mayer qui va physiquement la transformer pour qu'elle rentre dans les critères de beauté hollywoodiens ; régime, cheveux coupés et lissés, il lui fait dégager le front, réduire les sourcils et alourdir le regard. Il lui crée une image de beauté glaciale et joue sur celle-ci. Il lui a alors fabriqué un personnage qui ne lui correspond pas. Dans Ninotchka elle est la tête d'affiche et pour attirer le public le slogan est : Garbo rit dans Ninotchka , ce qui contrecarre avec la vision que l'on a d'elle et en fera un grand succès.

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La popularisation passait aussi par la médiatisation, les stars sont « publicisées ». Le star system est donc soutenu pas des services de publicité, des relais médiatiques et amplifié par les fan magazines.

Hollywood crée alors un environnement culturel de référence en divinisant ses stars et créant ainsi les critères de beauté.

Les stars sont les vecteurs du succès des majors, elles reflètent la compagnie et son pouvoir de fascination. En effet elles sont créées de toute pièce pour rentrer dans un moule, leurs vies privées, leurs physiques appartiennent aux majors.

Le star system a donc remonté la popularité d'Hollywood et l'a même créée, la « fanatisation » a permis à ce cinéma de devenir le plus influent. Ces manières drastiques ont formé le système le plus efficace que l'on connaisse aujourd'hui. C'est grâce à la quête du profit, au capitalisme qu'aujourd'hui les majors atteignent des cachets de plusieurs millions de dollars.


UN SYSTEME COMMERCIAL

Dès ses début le cinéma a une vocation commerciale , en effet la première projection des frères Lumière est publique et payante. Le cinéma se définit comme une projection destinée à un public qui paye pour occuper une place dans une salle de spectacle. Cela crée une demande que les jeunes entrepreneurs européens considéreront comme une magnifique opportunité commerciale.imgres-1-1.jpeg

Le cinéma Hollywoodien a donc fait du septième art une industrie tournée vers le profit et une quête systématique de réussite auprès du public.

 Celui-ci est dit de l'entertainment, il cherche à comprendre les attentes du public et plaire afin de maximiser son profit grâce aux fréquentations. C'est un système commercial bien rodé, un cercle vicieux, si les majors augmentent leurs budgets les films vont être de meilleure qualité et vont attirer un plus grand public donc faire une plus grande recette, permettant donc une optimisation de la production etc.

Le premier vecteur de profit est la vente, la vente vient des consommateurs et les consommateurs ont certaines attentes. Ce qui a bien été compris par les majors qui façonnent leurs films selon les goûts du public et non selon une logique de création artistique. Les amateurs d'art et les défenseurs du cinéma souvent Européens ce sont indignés de ces pratiques.

Ainsi, toujours à la recherche de nouveauté et non spécialisés dans l'écriture, les studios vont attirer à eux des quantités d'écrivains et d'artistes européens et américains pour apporter de la vie culturelle à Hollywood.

Tout cela pour revenir à la loi de l'entertainment, qui souhaite inscrire le film dans une relation étroite avec le spectateur qui se mesure grâce aux recettes enregistrées au box-office.

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Elle cherche à répondre aux attentes du peuple en matière de divertissement à connaître ce qui le touche, ce qu'il apprécie et en fait un film. Les studios font des films donc qui petit à petit vont être emplis de stéréotypes qui plaisent, qui correspondent aux populations, soit finir par réaliser  les mêmes types de fictions.

 Leur but général est de plaire aux masses et d'être au maximum rentable. Ainsi pour plaire il faut que le spectateur puisse s'identifier aux personnages, se refléter.

Aux débuts du cinéma hollywoodien les majors ont crée des stars , les ont façonnées et ainsi crée des canons de beauté, supplantant le théâtre, la photographie et la littérature. Fabriquer des stars n'est pas innocent, le seul facteur est la recherche du profit, grâce au pouvoir de fascination des acteurs de l'âge d'or, le public adule les personnalités et vient les voir au cinéma.

Les acteurs représentent juste une exploitation commerciale ingénieuse.

La logique commerciale des studios est donc très visible : le public avant tout, c'est à dire le profit maximum. Bien que controversé ce système c'est avéré fort lucratif.

 

En conclusion les majors loin d'une inspiration artistique cherchent avant tout à assurer leur succès mondial à l'aide de techniques de pointes, de gros budgets et de stars fanatisées.

La domination des majors a permis de lancer très favorablement le commerce surpuissant du cinéma et de créer un système industriel quasiment sans limites fixes vu la constante évolution du marché de l'audio visuel.

De l'âge d'or et jusqu'à aujourd'hui la logique industrielle domine le septième art hollywoodien. La recherche du profit est encore prédominante.    

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( la deuxième sous partie se trouve page 2, appuyer sur la flèche droite) 

b) La logique industrielle

LA QUÊTE DU PROFIT

« la diffusion des films est purement et simplement du commerce, mue par et développée pour le profit » Cour suprême, 1915.hollywood-artistes-fran-c3-a7ais-d-c3-a9couvrant-premi-c3-a8re-cam-c3-a9ra-silencieuse.jpeg

 Découverte de la première caméra silencieuse

Le film n'est pas considéré comme un produit culturel mais un produit à part entière, crée pour faire du profit, optimiser les méthodes de productions et avoir le monopole.

Tout le système est fait pour attirer au maximum le consommateur. La recherche du profit est donc le moteur principal du cinéma hollywoodien, aussi bien durant l'âge d'or qu'aujourd'hui.

En effet tous les moyens sont mis en œuvre, au niveau de la production, de la technique, de la distribution afin de rendre l'activité la plus rentable et lucrative possible.tournages4.jpeg

 La production donc est organisée de manière industrielle, la plus performante possible. Elle est très divisée, industrialisée. Des unités de production sont spécialisées dans un certain genre, et utilisent les installations gigantesques des décors et les stocks de costumes. Aussi le personnel de ces unités est spécialisé dans un certain type de film. Un budget et des moyens colossaux sont utilisés pour la réalisation.

Quant à la technique, elle est à la pointe, Hollywood a toujours su surpasser les avancées des autres pays comme par exemple lors du passage au parlant en 1927. A l'effigie de la productivité. Le chanteur de jazz, premier film parlant L'industrie du film se lance alors dans la course à l'innovation, une réponse  Le chanteur de Jazz , premier fillm parlant                                     à la concurrence des nouveaux médias. ann-e9es203007.jpegAinsi fut créée la 3 dimension, qui semblait complètement inadaptable sur le petit écran, en partie un gadget qui était juste nécessaire à l'évolution des formes. Le blockbuster a donc été crée pour répondre à cette surenchère technologique, ces films spectaculaires sont remplis d'effets spéciaux des plus innovants, ils sont utilisés pour attirer un maximum de spectateurs et faire du profit. La démarche n'a pas de fond artistique, elle obéit plutôt à une logique mercantile, en effet ce sont les productions les plus rentables, ce que les studios ont bien compris. Hollywood est donc entièrement porté sur la recherche, du moment qu'il se l'approprie et la rentabilise.

La distribution, est le moteur du commerce car c'est elle, qui, bien faîte assure la réussite économique, Hollywood est maître en la matière. Les campagnes de marketing surpuissantes mettent en avant les célébrités et les innovations techniques. Les producteurs misent le succès du film sur le casting à la notoriété forte. Un nombre limité de films est ainsi le centre d’une promotion d’envergure, la tendance est générale à Hollywood, celle de chercher à valoriser le film par des techniques industrielles. La promotion est parfaitement contrôlée et maîtrisée.imgres-1-3.jpeg

Aux États-Unis, l’industrie cinématographique est envisagée comme une conception purement commerciale depuis ses débuts. Car si les films sont considérés comme des biens culturels, c’est néanmoins une logique économique qui domine et les forme.

Malgré la flagrante réussite du système, les indépendants cherchent de plus en plus à amener l'aspect culturel dont le cinéma manque grandement. La quête du profit est donc le but principal, l'objectif des studios, il dicte toutes les opérations, dirige la production.

Ce fonctionnement bien rodé amène peut être malgré lui la standardisation des films, soit la facilité qui prend la place de la recherche artistique.

 

LA STANDARDISATION DES FILMS

Depuis un temps les studios ont compris les ficelles du cinéma et ont choisi la voie du profit, ils décident alors de montrer au public ce qu'il veut voir, donc des fins heureuses, des personnages beaux et puissants.

Le système des studios est basé sur une standardisation des films, sur la spécialisation des tâches.

De la même manière que le travail à la chaîne de Ford et de l'organisation du travail de Taylor. La logique est indéniablement industrielle, toute la production est pensée avec une mentalité d'usine qui cherche à l'optimiser.imgres-5-1.jpeg

Une autre étape de la standardisation passe par les scénarios, qui sont façonnés pour plaire à un grand nombre. L'industrie est orientée vers le public des spectateurs comme une masse de consommateurs, pour accroître son marché et sa rentabilité. Les Blockbusters sont donc crées pour faire du profit, ils sont donc composés de scénarios remplis de stéréotypes, de Happy-end, de récits simplifiés et d'acteurs surpayés : la formule qui marche.

Pour que le spectateur devienne fidèle, il faut le rassurer, lui montrer ce qu'il connaît et a envie de voir. Des normes sont donc apparues, et naissent de manière quasi-constantes. Reprenons l'exemple du Happy-end, sont avantage est de faire l'unanimité car il empêche au spectateur d'être troublé, de rester sur sa fin, et coupe court à quelques incertitudes concernant la morale. Le spectateur sait à quoi s'attendre, il connaît déjà la fin, et sait qu'il a bien investi son argent. La fin heureuse est donc un bon filon car le producteur sait qu'il assure son succès. Le seul point faible est la liberté artistique des réalisateurs qui est entachée par la demande exclusive de Happy-end.

Quant au récit en lui même, son écriture est elle aussi emportée dans la standardisation car il est le cœur du film, une des pièces phares. Il se doit de se plier aux règles de l'industrialisation. Soit le rendre rentable en le standardisant. Le récit est alors simplifié, insistant sur les temps forts pour garder l'attention du spectateur. Plusieurs genres sont alors visés car ils plaisent aux spectateurs, les studios se spécialisent dans certains genres , l'aventure, la comédie musicale, le western, le mélodrame...

imgres-6-1.jpegUne autre des pièces phares est la standardisation et la création de héros auxquels le public s'identifiera car ils reflètent la société américaine. Le héros doit ressembler à la population et les sujets dérangeants sont bannis.

Aux débuts du cinéma les acteurs étaient conditionnés pour représenter la beauté chez les femmes et la virilité chez les hommes. Leur condition a évolué au fil des âges cependant leur fonction reste la même, celle de plaire aux spectateurs, l'évolution du héros suit donc l'évolution de l'actualité. Aujourd'hui les héros sont beaux et attachants. En effet les protagonistes des grosses productions américaines entrent souvent dans des moules bien délimités, qui permettent au public de se représenter en eux, ou de les considérer comme modèles, de vertu, de beauté, de bravoure...

Dans le processus de production encore une fois, tout est pensé pour gagner du public et la représentation stéréotypée du personnage informe directement sur la nature du film et du récit, le public est directement face à ce qu'il veut sans avoir à réfléchir.

La mise en place de ce genre de stéréotypes de personnages ou de trames peut être considéré comme une forme de propagande car il participe à la mise en place d'une manière bien définie de penser.

Hollywood refuse les sujets qui fâchent donc s'assure de son succès mais également de la baisse de l'esprit critique américain.imgres-8.jpeg

Hollywood sait gérer son empire industriel, comme une usine qui fonctionne à plein régime. Une des stratégie de rentabilisation de la logique est placée dans la standardisation des moyens de production, de réalisation et d'écriture des scénarios. La logique hollywoodienne privilégie la rentabilité à la création artistique.

Ces aspirations sont réalisables grâce aux techniques de pointes et aux conditions idéales de l'environnement hollywoodien.



TECHNIQUES DE POINTE ET CONDITIONS IDEALES

Comme il a été vu précédemment, Hollywood a été choisi comme le haut lieu du cinéma. Cela grâce aux conditions optimales qui étaient regroupées dans ce village de Californie. En effet les grands espaces aux paysages variés, ensoleillés et peu coûteux en ont fait son atout phare.

Les grands studios ont pu alors étendre leurs pouvoir sur ces grands terrains, ce qui a permis de développer les techniques les plus modernes et avant-gardistes. Aussi l'absence de syndicats et la main d'œuvre en masse aident au développement de Hollywood. L'avance technique lui a permis entre autres de devancer les productions étrangères et de créer un large fossé entre eux.imgres-9.jpeg

De nombreux soubresauts technologiques ont permis d'arriver au cinéma que l'on connaît. Les évolutions ont façonnées les films et ont attiré un public encore plus grand, fasciné par les nouveautés qui améliorent la qualité de la projection.

La projection cinématographique a proprement parlé, a réussi à exister grâce à de petites inventions qui l'ont lancé.

En 1876 Eadweard James Muybridge crée le Zoopraxiscope qui consiste à placer 24 appareils photos le long d'une course équestre et de faire défiler les images et recomposer les mouvements.muybridge.gif

En 1888 Etienne-Jules Marey fabrique le chronophotographe pour étudier la locomotion animale et Georges Demeny crée le phonoscope à des fins éducatives pour sourds et muets.

1893 Thomas Edison invente le kinétoscope qui est une caméra de prise de vue, à vision individuelle.

Mais ce sont des français, Les Frères Lumière qui inventent réellement le cinéma avec leur cinématographe. Cependant l'attrait économique de l'invention, séduira vite Hollywood qui saura l'exploiter au mieux. En effet Edison monopolisera le domaine en brevetant le vitascope en 1896.

Au fil des ans les caméras n'ont cessées d'être améliorées, rendues plus légères plus maniables, permettant de créer des effets.

C'est La Warner qui en 1926 va présenter le premier film ( Dom Juan ) à la bande sonore accordée avec la bande image, ce sera une première, en réaction à la baisse de fréquentation des salles. Un an plus tard Le chanteur de Jazz sera le véritable film parlant de l'histoire. Cette création garantira encore une fois le succès de Hollywood.

 Cependant une autre avancée a permis et permet encore de créer encore plus d'audimat. Les effets spéciaux, les tous premiers datent de Georges Meliès en 1902.voyage-lune.jpeg Hollywood s'en empara seulement en 1933 lors de la production de King Kong de Cooper. Dans les Année 70 les majors décident de redonner du sang neuf au cinéma en créant des supers productions, emplis d'effets spéciaux.

Un des pionniers fut Stanley Kubrick qui en 68 tourna L’odyssée de l'Espace, suivront Star Wars, rencontre du troisième type, Les dents de la mer ou Apocalypse Now.

C'est cette innovation constante qui vaut à Hollywood un succès des plus important, c'est son don pour fasciner et impressionner.

Hollywood est donc indéniablement construit autour d'une logique industrielle bien maîtrisée, de ses débuts à aujourd'hui. La quête du profit prévaut dans cet univers où des millions de dollars sont investis tous les jours et seules importent la satisfaction du public et les recettes finales. Pour cela tout est standardisé pour être au mieux rentabilisé, bien qu'aujourd'hui la dimension artistique soit plus présente.

Cette usine est donc gérée par des Majors surpuissantes qui contrôlent parfaitement le système.

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c) L'hegemonie hollywoodienne

 

III ) L'HEGEMONIE HOLLYWOODIENNE

LES MAJORS

Zukor, Fox, Laemmle et Warner, sont les noms des premiers Entrepreneurs a avoir saisi l'opportunité « Hollywood ». Le champ était libre pour les jeunes Européens venus tenter leur chance. William Fox est un teinturier reconverti dans le cirque,
 Adolphe Zukor, un marchand de fourrure, et Warner, sont quatre frères réparateurs de bicyclettes, ces profils atypiques vont former les nouveaux «  nabab » du cinéma Hollywoodien.220px-adolph-zukor-001.jpeg

Ces hommes vont alors exploiter les Nikel Odéons, qui sont de sommaires projections que les spectateurs peuvent voir pour un nikel. Ils vont alors développer cette économie dans tous les Etats-Unis.

imgres-10-1.jpegEdison, le pionnier de l'époque grâce à son monopole dû a son invention le kinétoscope a tenté de mener devant la justice les nouvelles sociétés créées. Il intente alors des procès contre ses concurrents pour être le seul à posséder le commerce du cinéma, avec ses moyens considérables il impose à ses concurrents une redevance. Il échoue et se voit obligé de quitter Hollywood. En effet William Fox et Carl Laemmle fonderont L'Independant Motion Picture Company qui deviendra Universal. La difficulté de tournage et de concurrence va amener les compagnies à se délocaliser vers la Californie. Hollywood est née.

 

De 1907 à 1913 le court métrage perd de son ampleur et le passage aux séquences plus longues voire aux longs métrages se met en place. Les caractéristiques que l'on connaît aujourd'hui s'instaurent. Les budgets sont conséquents et les stars misent en avant. L'apport financier étant important les producteurs vendaient alors les droits d'exploitation par l'intermédiaire d'un distributeur. Ceux-ci s'arrangèrent pour partager la recette et finirent par opérer leurs propres cinémas, comme une forme d'intégration verticale. En 1913-1914 la Paramount Pictures Corporation est la fusion des principaux réseaux de distributions régionaux, qui la rend puissante et lui permet de négocier en bloc avec les producteurs des saisons entières en échange de la distribution exclusive.

Va alors se créer un oligopole, où quelques Majors dominent le marché et le contrôlent.

5 majors vont sortir du lot , soit la Paramount, La MGM, la Warner Brothers, la Century-Fox20th et la RKO Radio. Ces compagnies produisent et distribuent les films au niveau international et contrôlent des chaînes de salles de cinéma. Rien n'est laissé au hasard, elles contrôlent alors les acteurs et la production. Deux autres petites compagnies se distinguent mais restent moins puissantes : Universal et Colombia.

L'essor phénoménal de ces studios permet aux acteurs en quelques années d'atteindre les sommetsb-fredcloclo-charlie-chaplin-signs-the-001.jpeg de la gloire, à l'effigie de Charlie Chaplin qui devint millionnaire à 28ans. Il signe en effet en 1917 un contrat record de 1 million de dollar. Il finira par créer sa propre société la United Artist.

Cependant les studios ont connu de mauvaises passes qui les ont affaiblis. La grande dépression de 1930 va considérablement faire baisser la fréquentation des salles mais ne chamboulera pas le système, c'est en 38 lors de la mise en place du procès Anti-trust de Roosvelt (qui prévaut de respecter la concurrence) et jusqu'aux années 50 que les studios vont faiblir. Les Grandes Majors vont se séparer de leurs salles. La Chasse aux sorcières notamment finit de faire tomber ce système, le concept consistait en le fait de répertorier tous les partisans communistes et les chasser de leurs fonctions, cela continua d'affaiblir les studios et la Paramount tombera en première, entraînant dans sa chute les autres. Le système fut alors entièrement revu.

Aujourd'hui les Studios cherchent à afficher les meilleurs succès au box office grâce au maintient de l'organisation industrielle. Les Majors se spécialisent dans certains genre comme le film de gangster et le film social à la Warner. Les Majors possèdent alors plusieurs filiales soit les   producteurs et les distributeurs. Ceux-ci sont représentés par la Motion Picture Association of America à l'interieur des Etats-Unis et à l'étranger par la Motion Picture Association.                                                            

Les Studios ne possèdent pas seulement les studios en eux-mêmes mais tout ce qui tourne autour des films et peut amener à maximiser le profit et à garder la place dominante.

Les Studios sont alors les maîtres incontestés du cinéma Hollywoodien même si aujourd'hui leur pouvoir a diminuée ils restent surpuissants. Le cinéma Hollywoodien par ses films cherche à montrer les valeurs américaines, ceux-ci sont alors connus en général dans le monde entier et servent de référence.

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LE RAYONNEMENT DANS LE MONDE

 

Hollywood sait que pour rentabiliser ses investissements il faut pour cela étendre la diffusion au niveau mondial et fidéliser un public le plus large possible. La dimension internationale prévaut donc dans l'industrie cinématographique depuis ses débuts. Ce qui facilite cet échange est le faible coût de distribution, qui est ( pour dupliquer les films) très bas comparé à l'apport financier initial de production. Les studios cherchent donc le plus possible à vendre ces copies. L'exportation internationale représente une part importante de la recette finale, soit entre 40 et 50 % . Dans une logique de mondialisation Hollywood est un bon élève, sa présence est aujourd'hui ressentie dans le monde entier, ce qui représente un élément phare de compétitivité mondiale. Hollywood possède une balance commerciale positive, c'est à dire qu'elle exporte plus qu'elle n'importe.

 

Structure de certains marchés cinématographiques nationaux, 2000

Pays

Nombre de films produits

Part de l'industrie cinématographique nationale

Part de l'industrie cinématographique américaine

Allemagne

75

9,4 %

81,9 %

Australie

31

8,0 %

87,5 %

Espagne

98

10,1 %

87,7 %

États-Unis

460

96,1 %

-

France

204

28,9 %

58,3 %

Italie

103

17,5 %

69,5 %

Japon

282

31,8 %

64,8 %

Royaume-Uni

90

19,6 %

75,3 %




 

L'exportation à l'international représente donc le marché extérieur, celui-ci varie en fonction de la politique mondiale et des choix stratégiques du gouvernement américain. Le cinéma hollywoodien s'exporte depuis les premiers films et n'a cessé d'élargir ce secteur sauf durant la 2nd guerre mondiale. Entre 1988 et 1991 le marché extérieur va s'ouvrir à la Corée du Sud (qui refusait de diffuser leurs films mais va être accusée de non respect des droits du commerce) puis après la chute du bloc soviétique et du mur de Berlin, à un vaste territoire Européen. Il va ensuite s'étendre au marché Asiatique, avec le Vietnam par exemple en 1994.

Cependant certains territoires se ferment à Hollywood a fortiori à cause de leur politique mondiale, comme la Corée du Nord, Cuba ou la Syrie. Hollywood possède donc de fidèles consommateurs dont une grande partie est Européenne. Dans les Quinze premiers apparaissent, l'Allemagne, La France, l'Irlande, L'Italie etc. Cette forme de mondialisation peut être apparentée à de l'universalisme, au delà du profit apparaît la volonté de diffuser la culture américaine dans le monde.

Hollywood est particulier dans sa manière de toucher le public, aucune distinction n'est faite entre les spectateurs, ces films sont fabriqués pour concerner un public entier, sans limites intellectuelles ou culturelle. Cette culture mondialisée tire son origine du melting-pot américain, du brassage des cultures, qui a permis sa propagation. En effet la volonté américaine de séduire les masses et de représenter les «  middle-class » a permis la dé-marginalisation d'un public peu éduqué, elle a su faire ce que le cinéma classique n'a pas réussi, puisque centré sur un public restreint.

Par ailleurs la simplicité du scénario, le fait de synthétiser les modes de vies plaît au public mondial. Du fait de l'empathie que provoque le héros sur le spectateurs, et sa façon de s'y identifier. Hollywood sait fasciner grâce à la vision qu'il donne des américains basiques, qui arrivent à vivre dans l'opulence et la liberté, dans une société de l'abondance et du bonheur, de l' American way of life. Alors nous pouvons parler d'une réelle volonté de transmettre la culture américaine. Celle-ci est plus largement diffusée que dans aucun autre pays, exemple en France où sans préméditation, les stéréotypes, les objets, les vêtements américains se sont immiscés dans la vie quotidienne ; à l'effigie des tendances vestimentaires ou alimentaires directement tirées de la culture américaine transmise par ces films. 

imgres-11.jpeg Le rayonnement de la culture américaine dans le monde passe nous l'avons vu en grande partie par le cinéma. Outre les éléments de la vie quotidienne passent aussi l'idéologie américaine ou le mythe de l'american dream. En effet le système industriel cherche une expansion à l'international et le fait de communiquer ses valeurs permet au public mondial de s'attacher au Etats-Unis et y voir un modèle. Du reste fidéliser le public à un très fort intérêt économique, cela fait vendre le produit cinématographique, les produits dérivés, les acteurs et leurs images. Hollywood crée alors le mythe américain, fait rêver et fait vendre …

Selon Jean-Michel Frodon, « le cinéma assume l’essentiel de la constitution de l’image de la nation américaine, pour elle-même et pour le reste de la planète ».

 





BUDGETS ET SUCCES

 

Comme il a été question plus haut, Hollywood a su se procurer des conditions de production exceptionnelles en Californie, aidé par les grandes banques américaines. Le progrès technique, l'inventivité et le succès qui ont suivi ont su rendre très rentable cette industrie et a permis la domination du marché mondial.

Le marché du cinéma américain au fil des ans a évolué, au début du Xxème siècle avec la naissance des premières grosses productions les budgets des films augmentent considérablement, on peut citer Ben Hur de Fred Niblo, aussi l'ère du parlant suscite une nouvelle forme de gigantisme .

Voulant palier aux baisses de fréquentations des années 50, Hollywood va redoubler d'efforts pour impressionner et développer une esthétique toujours plus spectaculaire jusqu'à aujourd'hui.imgres-1-5.jpeg

Les Etats-Unis dominent le marché mondial de l'audiovisuel. Grâce en premier lieu à la taille de leur marché intérieur qui leur permet d'amortir une partie importante du coût de production initial. Dans un deuxième temps les Majors comme Disney, Columbia ou la Fox apportent un capital financier de taille. Les producteurs peuvent alors accéder à des budgets élevés ce qui leur permet de donner de l'importance à leur système de promotion et de distribution.

Pour finir la prédominance de l'anglais sur le marché international lui donne un avantage prédominant pour l'exportation.

Pour assurer son succès, Hollywood investit des sommes très importantes, il favorise alors une esthétique méga-budgétaire. Les moyens investis dans la production se retrouvent dans les films, les acteurs, les décors, la promotion, les effets spéciaux.

imgres-2-4.jpegEncore une fois afin de maximiser son profit Hollywood trouve le bon filon, celui des blockbusters comme nous avons vu et allons voir dans la troisième partie. Ces productions sont alors « ultra-rentables » et utilisent ce qui fonctionne et pas spécialement ce qui est le plus recherché artistiquement. Certains concepts sont alors sur-exploités et assurent la fidélité et la rentabilité à l'effigie de Star Wars ou de, Spider-Man …

Par ailleurs ces films à succès le doivent aussi à leur fantaisie et les éléments fantastiques qui contribuent au spectaculaire et à faire sortir les spectateurs de leur quotidien et des films relatant le quotidien.

Par exemple le premier volet de Star Wars, image parfaite de la puissance des studios, de l'utilisation du fantastique et de l'extraordinaire a coûté 11 millions de dollars et rapporté 787 millions.

Ainsi Hollywood cherche loin au delà de la création artistique à faire un maximum de bénéfices, d'épuiser à outrance le filon du cinéma de l'extraordinaire. Grâce à cette volonté d'expansion, de conquête des territoires mondiaux, les studios arrivent à quasiment dominer le marché mondial.

Ces studios justement surpuissants appelé « majors » contrôlent l'économie du cinéma grâce à leur surpuissance et effacent les petites productions au détriment de l'art.

 

CONCLUSION : Hollywood a su et sait encore user des techniques les plus efficaces afin de créer un profit maximum. Depuis ses débuts cette industrie a gravi les échelons, utilisé les hommes et les femmes les plus talentueux pour véhiculer la culture américaine et avoir le monopole mondial. En effet ayant saisi la rentabilité du secteur, des majors surpuissantes usent de se qui marche et finissent par standardiser les productions et simplifier les scénarios. Ce processus a crée les films les plus rentables qui soient : les blockbusters.

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Commentaires (1)

1. Vanessa 15/06/2015

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